Historique

Marcilly-le-Châtel

Si l’histoire souvent racontée d’un chef romain Marcellus Marcus qui aurait donné son nom à Marcilly et à Marcoux n’est pas certaine, il faut bien reconnaître que plusieurs trouvailles (médailles – pièces –
tuiles) antiques laissent à penser que les romains occupaient bien le site de Marcilly et auraient été précédés par d’autres occupants dès l’âge de fer (sépulture de Puy Granet).

Le château :

Le château est connu dès 1010. Il appartient au comte du Forez et sert à surveiller son ennemi le sire de Couzan.

Pendant la guerre de Cent Ans, Marcilly est un point fort du Forez.

Richelieu fait démanteler le château. L’espace est concédé à la famille de Saint-Hilaire qui se fait bâtir une demeure au pied des ruines (ce qui est aujourd’hui l’auberge de la Césarde).

Les ruines de la forteresse sont vendues par les Talaru aux Chassain en 1645. Elles ont échu à Hippolyte de Sauzéa-Monteilles qui entreprend une reconstruction contestée de 1873 à 1884. Celui-ci, souhaitant reconstruire le château avait sans doute surestimé ses ressources et n’a pu mener son projet à son terme. Légué aux Hospices civils de St Etienne, il est ensuite vendu à la famille Brun. En 1968, la S.C.I Ste Anne devient propriétaire du site (46 porteurs de parts) et contribue à sa sauvegarde avec l’Association ADAMAS

Loué à la Volerie du Forez depuis 1987.

L’église Saint-Cyr :

Une partie de l’église, de style roman doit dater du XII ème siècle. A la fin du XV ème ou au début du XVI ème siècle, l’édifice dut être fortement remanié. Au milieu du XIX ème siècle, l’architecte Dulac a refait l’abside et rajouté une travée à la nef et à ses collatéraux et donc déplacé le portail. C’est aussi de cette époque que date la majorité du mobilier.

Toutes les cloches (5) ont été fondues en 1860. Les cloches, muettes un temps ont retrouvé leurs voix en 2002 et sonnent les heures dans la journée ainsi que l’Angélus.

De Pavé en Châtel :

Marcilly-le-Châtel perd son titre noble à la révolution et devient Marcilly-le-Pavé (nom du quartier bas traversé par l’ancienne voie).

Après bien des démarches administratives, le village reprend son nom le 14 février 1968.

 

Mélusine en Forez

La légende de la Fée Mélusine, mi-femme, mi-serpent, entre dans la littérature du « merveilleux ». En France, deux romans du Moyen-Age (XIVe – XVIe siècle)* rapportent la noble histoire de Lusignan-en-Poitou. Ils content le destin de ce couple extraordinaire formé par Raimondin, frère du Comte de Forez et Mélusine, femme mystérieuse venue d’ailleurs. Ils donnèrent naissance à une lignée de 12 enfants mâles marqués par leurs difformités et leurs vies aventureuses. Parmi eux, deux descendants de Mélusine ont leur place dans l’histoire légendaire de Marcilly-le-Châtel, citadelle fortifiée, comme deux siècles plus tard Amasis, Reine de Forez dans l’Astrée.

Au début de l’histoire, le Comte de Forez marié à la sœur du Comte de Poitiers lui confie l’un de ses fils, Raimondin « d’une exceptionnelle beauté, très gracieux et débordant de qualités remarquables ». Il devient Chevalier et rencontre, auprès de la « Fontaine de la Soif », Mélusine, et est « ébahi de sa merveilleuse beauté ». Il la demanda en mariage. Mélusine lui fait prendre l’engagement « de ne jamais chercher à la voir et à s’enquérir du lieu où elle sera le samedi ». Ils sont unis par un évêque, vont connaître une vie fastueuse, aventureuse et heureuse, fondent la forteresse de Lusignan et engendrent douze enfants dont Geoffroy À La Grand’Dent, sixième du lignage, puis Raimonet, onzième.

Mais cette bonne fortune est rompue par la faute du Comte de Forez, frère de Raimondin, qui l’a poussé à rompre le secret et à découvrir la transformation hebdomadaire de Mélusine « en femme jusqu’au nombril et en dessous en forme de queue de serpent, grosse comme un baril à harengs ». Le charme est rompu. Mélusine s’envole par une fenêtre du Château de Lusignan en jetant un horrible cri, et ne revient désormais survoler les demeures de ses descendants qu’à l’approche d’une disparition.

C’est le cas au-dessus du Château Sainte-Anne car Geoffroy À La Grand’Dent, rendant responsable son oncle le Comte de Forez du malheur familial, vint à « Jalensi à l’époque, à présent Marcilly-le-Châtel » le précipiter du haut du donjon et installer Raimonet nouveau Comte de Forez.

La sculpture de Mélusine a été placée sur le mur du bâtiment sud de l’école Jean-Côte, le regard tourné vers l’ouest où subsistent les fondations du château de l’un de ses deux derniers enfants.

* Mélusine de Jean d’ARRAS – Le roman de Mélusine de Coudrette